Lors de la 10e édition de la Journée internationale du Jazz, plusieurs pays de l’Afrique, notamment centrale, se sont rejoints pour une célébration conjointe au travers de concerts avec des artistes fusionnant musique traditionnelle et jazz. Au Gabon, c’est le « Gabao jazz » qui a été offert aux internautes. Et l’événement est appelé à s’instituer comme les événements dédiés à la promotion du jazz doivent se multiplier.

L’événement de Libreville s’inscrivait aussi dans le cadre du mouvement Resiliart, résilience des artistes en temps de Covid-19, pour donner à la créativité une opportunité de s’exprimer malgré la crise sanitaire. Cette performance, portée par Naneth et Joel Ze a fait voyager le public à travers plusieurs sonorités culturelles et linguistiques, en anglais, français, fang et ipunu (langues du Gabon). A travers le titre « A yem », en fang (« s’accrocher » en français), Naneth interpelle sur la nécessité d’aimer l’autre d’un amour passionnel, de s’accrocher à cet amour et de ne pas écouter les « kongossa », expression gabonaise pour dire ragot. Dans un duo avec Joël Ze, le tandem interprète le titre « Fili » dérivé de l’anglais free et qui est un encouragement à la recherche de la liberté spirituelle, opportunité d'explorer le chemin de la spiritualité et de la connaissance.  Le concert s’est achevé avec le titre « Nganga », chant du terroir punu qui exprime la réjouissance.

Selon l’Unesco, le jazz est bien plus que de la musique, c'est un message universel de paix, un symbole d'unité, de diversité et d'échanges interculturels. « Du jazz, nous devons aussi retenir cette force de l’improvisation qui surmonte tous les obstacles et permet à une tradition de se renouveler sans cesse, sans se perdre. Alors qu’une crise multiple souligne l’urgence de réinventer nos sociétés ainsi que notre rapport au monde et à l’autre, la souplesse, l’audace et l’optimisme du jazz peuvent nous inspirer pour célébrer (…) « une nouvelle aube, un nouveau jour.

Notons que le Gabon a également participé à la table ronde régionale qui ouvert les festivités en compagnie de l’Angola, du Cameroun, du Congo, de la RDC et du Tchad. Cette réunion en ligne a porté sur le rôle du jazz dans la culture de la paix et la rumba congolaise patrimoine immatériel de l’Afrique centrale. Proclamée en 2011, la Journée internationale du jazz rassemble chaque année des pays et des communautés du monde entier pour célébrer le jazz et le rôle que ce genre musical joue dans l'encouragement du dialogue, la lutte contre la discrimination et la promotion de la dignité humaine.