Le Gabon ambitionne de mettre sur le marché 187 millions de crédits-carbone en misant sur son vaste couvert forestier et les acquis capitalisés ces derniers temps. Les responsables comptent écouler 90 millions sur le marché international.

L’annonce a été faite par le ministre gabonais de l’Environnement, le professeur Lee White, lors de la rencontre des pays-membres du Commonwealth au Rwanda, il y a quelques jours. La vente devrait débuter avant la COP 27 prévue pour le mois de novembre 2022 en Égypte. Sur la base des prix actuels, Libreville pourrait tabler sur 291 millions USD d’après la plateforme Allied Offsets. 

Pour le ministre Lee White, le solde de cette émission sera traité à l’aide d’un mécanisme non marchand. Pour leur part, les crédits-carbone permettront aux émetteurs de CO2 tels que les États développés, les compagnies minières et pétrolières, et les organisations multinationales, de compenser leurs activités contribuant au réchauffement climatique.

« Le Gabon en produit suffisamment grâce à ses importantes ressources forestières. Faut-il le rappeler, 88% de la superficie du pays est recouverte de forêts. Le Gabon fait aujourd’hui partie des principaux absorbeurs nets de carbone au monde. En Afrique, il est considéré comme la superpuissance de la transition verte », a-t-on aussi indiqué avant de rappeler que le pays a reçu une récompense de 17 millions USD de la Central African Forest Initiative pour sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les autorités gabonaises sont convaincues que la préservation des écosystèmes forestiers est à la fois une grande responsabilité à assumer et une opportunité. Les ressources forestières sont en effet appelées à remplacer celles pétrolières en matière de contribution à l’économie nationale du pays. « Nous devons développer une économie et des emplois durables, car nous allons perdre 60% de notre économie qui est le pétrole » a indiqué le ministre Lee White.