Le Groupe de la Banque africaine de développement et le gouvernement gabonais mènent des échanges sur le partenariat, les perspectives et les priorités de développement du pays pour la période 2023-2027. Les consultations nationales ont aussi permis d’examiner la note de diagnostic pays et le rapport d’achèvement du document de stratégie pays 2016-2022.



Une délégation du Groupe de la Banque, conduite par le directeur général adjoint pour l’Afrique centrale, Solomane Koné, et le responsable-pays de la Banque au Gabon, Nouridine Kane Dia, a été au Gabon dernièrement. En face, la ministre de l’Économie et de la Relance, gouverneure de la Banque pour le Gabon, Jeanine Lydie Roboty-Mbou, conduisait la délégation gouvernementale qui comprenait les principaux ministères et départements techniques impliqués.

M. Koné, a salué « ce processus de consultation qui doit aboutir à l’adoption du document de stratégie pays pour la période 2023-2027 qui prendrait en compte les orientations stratégiques prioritaires du Gabon, au niveau macroéconomique et sectoriel ». Pour sa part, Jeanine Lydie Roboty-Mbou a remercié la Banque « pour avoir accompagné le Gabon dans la mise en œuvre de ses programmes de développement ». « Il s’agit de mettre en place un cadre solide pour la réalisation concrète de nos projets pour couvrir nos besoins », a-t-elle poursuivi, soulignant la synergie qui devrait exister entre les différents partenaires de développement du pays dont la Banque mondiale.




Les discussions ont mis en exergue les importantes opportunités économiques du Gabon. Le pays regorge d’immenses ressources naturelles, notamment le pétrole dont il est le 5e producteur en Afrique, le manganèse (2e gisement au monde), le gaz (réserves estimées à 26 milliards de pieds cubes), sans oublier les 22,5 millions d’hectares de forêts qui couvrent 85 % du territoire. Le déclin des réserves pétrolières pousse cependant le pays à se tourner vers une plus grande diversification de son économie.

Au cours des cinq dernières années couvertes par le document de stratégie pays 2016-2022, 21 projets ont été approuvés pour des montants cumulés de 1,46 milliard d’euros. À la date du 31 mai 2022, le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement au Gabon comptait dix projets, d’une valeur totale de 671 millions d’euros. Ces investissements couvrent les secteurs de la gouvernance, de l’agriculture, de l’eau et de l’assainissement, du social et des transports.

Étant donné les retards liés au démarrage des projets, les résultats obtenus n’ont pas été à la hauteur des attentes. Toutefois, l’intervention de la Banque, à travers la mise en œuvre du document de stratégie pays pour la période 2016-2022, a favorisé une légère amélioration dans l'utilisation des essences forestières secondaires. L’environnement des affaires s’est également légèrement amélioré. En outre, les appuis budgétaires de la Banque ont contribué de façon significative à la stabilité budgétaire du pays et le programme d’urgence en réponse à la crise du Covid-19 a permis de renforcer le système sanitaire et a atténué l’impact socioéconomique de la pandémie. Par ailleurs, les travaux visant à renforcer la desserte en eau potable de Libreville sont en bonne voie et leur finalisation est attendue d’ici fin 2022.

Stratégie 2023-2027

Pour les cinq prochaines années, les consultations ont fait ressortir la nécessité de créer les conditions nécessaires pour soutenir la transformation structurelle de l’économie pour une croissance inclusive et durable. À cet effet, les prochaines interventions devraient être centrées sur deux domaines prioritaires. Elles devraient soutenir la mise en place des infrastructures de qualité et durables nécessaires à la transformation structurelle de l’économie. La deuxième priorité consistera à renforcer la bonne gouvernance et l’employabilité.

La transformation structurelle doit être portée par le secteur agricole et celui du bois, l’intégration régionale, la connectivité interne et externe ainsi que le secteur privé. Le renforcement de la gouvernance et de l’employabilité devrait de son côté venir en renfort à la transformation souhaitée de l’économie et permettre de créer le capital humain et l’environnement des affaires adéquats à cette transformation.



Appréciant ce processus de discussions constructives, le responsable-pays du Groupe de la Banque au Gabon, M. Nouridine Kane Dia, a déclaré : « La Banque se réjouit que son diagnostic détaillé du contexte du pays ait été unanimement partagé par les représentants du gouvernement, du secteur privé et de la société civile. Nous apprécions également la parfaite convergence de vues sur les sept domaines prioritaires de réforme proposés. Cela constitue une bonne base pour la poursuite du dialogue et de la collaboration avec l’ensemble des parties prenantes dans la perspective des consultations sur le prochain document de stratégie pays 2023-2027 ». Le rapport d’achèvement du document de stratégie pays 2016-2022 sera soumis au Conseil d’administration de la Banque pour approbation d’ici le dernier trimestre 2022.


Traduire les aspirations

A noter que le Groupe de la Banque africaine de développement est la première institution multilatérale de financement dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). La BAD est présente sur le terrain dans 44 pays africains, avec un bureau extérieur au Japon, et contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 Etats membres régionaux. 

La stratégie de la Banque africaine de développement pour la période 2013 à 2022 soutient traduire les aspirations de l’ensemble du continent africain. « Elle est fermement ancrée dans une connaissance et une expérience approfondie du chemin parcouru par l’Afrique au cours de la dernière décennie et de la destination à laquelle elle souhaite parvenir au cours de la prochaine », indique l’institution.

Selon la BAD, les perturbations économiques liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient plonger 1,8 million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté sur le continent africain en 2022. Ce nombre pourrait encore augmenter de 2,1 millions en 2023. Les besoins de financement supplémentaires du continent pour la période 2020-22 sont estimés à 432 milliards de dollars. Le financement des Contributions déterminées au niveau national des pays africains, c’est-à-dire les engagements publics des pays sur la manière dont ils prévoient de jouer un rôle dans l’action collective post-2020 sur le changement climatique, nécessitera jusqu’à 1 600 milliards de dollars entre 2022 et 2030. 

Le continent perd entre 5 % et 15 % de son produit intérieur brut à cause du changement climatique selon toujours la BAD. Au total, les pays africains n’ont reçu que 18,3 milliards de dollars de financement climatique entre 2016 et 2019. Cela représente un déficit de financement climatique pouvant atteindre 1288,2 milliards de dollars par an de 2020 à 2030.