Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en partenariat avec le Ministère chargé de l’Environnement, le Ministère de l’Economie et de la Relance, le Ministère du Budget et des Comptes Publics et Citi Bank, a organisé un atelier de renforcement des capacités sur les critères ESG (Environnemental, Social et Gouvernance) et le financement durable. Il s’inscrit dans l’objectif du Gabon de se positionner fortement sur le marché du carbone.

L’objectif de cet atelier, selon les organisateurs, était d’animer une série de modules de formation visant à développer les connaissances et les capacités techniques des acteurs clés à mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins de financement du Plan Stratégique du Gabon Emergent (PSGE), du Plan d'Accélération de la Transformation (PAT) et des ODD.

Dans son allocution d’ouverture, Idrissa Diagne, Économiste principal du PNUD, a mis un accent sur l’engagement de son organisation à accompagner le gouvernement à explorer dans les mois à venir ces nouveaux instruments de financement, notamment les obligations thématiques tenant compte des critères ESG.

Nicole Janine Lydie Roboty, épouse Mbou, Ministre de l’Économie et de la Relance, à l’ouverture des travaux, a souligné que la relance de l’économie, éprouvée par la crise sanitaire, est conditionnée non seulement par la mobilisation des ressources financières au bénéfice du financement du développement, mais aussi par l’opportunité d’accélérer la transition écologique.

« Exploiter la forêt pour sauver la forêt ». Tel est l’objectif du Gabon comme précisé par le Professeur Lee White, Ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement lors de sa présentation. Il a expliqué les réformes entreprises ces dernières années en vue de valoriser le marché carbone tout en présentant les risques climatiques auxquels le Gabon fait face. Une valorisation du bois et une exploitation forestière sélective et contrôlée entraînent une diminution du nombre d’arbres abattus ainsi qu’une hausse des revenus et des emplois plus durables pour les Gabonais, a-t-il ajouté. 

Le Gabon est l'un des pays au plus haut couvert forestier au monde, à 88%. Les émissions, quoique limitées, du secteur de l'utilisation des terres proviennent non pas de la déforestation mais plutôt de la dégradation des forêts. Les forêts du Gabon absorbent 140 millions de tonnes de CO2 par an et en émettent une trentaine. Le Gabon devrait bâtir sa stratégie de financement en utilisant ces instruments innovants, notamment en développant le marché carbone.

Les discussions qui ont émaillé les travaux ont permis d’aborder des points clés comme la poursuite de la sensibilisation et la formation sur la finance durable, l’articulation de la stratégie de mobilisation des ressources en tenant compte de la complexité et l’utilisation de chaque instrument de financement présenté, la négociation du prix de la tonne de carbone du Gabon au regard des efforts de conservation de l’environnement et de la biodiversité, et la mise en place d’un groupe multisectoriel de travail afin d’arrêter une feuille de route de mise en œuvre.