L’exposition baptisée « Des fibres et des formes: la vannerie du Gabon dans tous ses états » se tient au Musée National des Arts et Traditions du Gabon, et rassemble près de 300 objets de la collection des vanneries datant pour certains de plus d’un siècle et pour d’autres ayant été fabriqués il y a quelques semaines.

Dans la section « À chaque femme sa hotte », 30 pièces sont présentées afin de montrer la diversité de cet outil indispensable au travail dans les plantations et à la grande majorité des activités menées par les femmes dans le cadre rural et parfois urbain. Pour l’œil averti, l’observation des hottes portées par les femmes dans un village permet d’identifier les populations qui y résident.

Toutes les hottes ont pour vocation de les accompagner dans leurs activités. Chez les Nzébi, elles ont une forme principale que l’on retrouve dans leur aire d’extension, mais aussi des formes en commun avec les Apindji, les Tsogho et les Sango. Les Fang ont adopté une forme cylindrique avec une technique spiralée. Le tressage pouvant être serré ou ajouré. Ils ont été copiés par les Baka qui sont leurs voisins de Minvoul. Les Punu, Eshira et Vili sont les spécialistes des hottes au fond en forme de cône. Les Akèlè ont la particularité d’être dispersés en isolats sur huit des neuf provinces du Gabon, comme les populations Babongo.

Les modèles les plus anciens des hottes présentes chez eux montrent leur forme particulière avec une ouverture évasée et un fond plutôt carré, mais du fait de leur voisinage avec différents groupes, leurs techniques se sont diversifiées en empruntant celle de leurs voisins. 

C’est ainsi que les hottes des Ongom de l’Ogooué-Ivindo sont particulièrement bombées, tandis que celles réalisées par Mbahouins du Haut-Ogooué partagent la même forme que celles des Téké et des Obamba. Les hottes des femmes de l’Ogooué-Ivindo ont la particularité d’être bombées car la forme du moule est accentuée par l’ajout de feuilles de bananiers.