Le développement du projet d’aménagement hydroélectrique de Kinguélé Aval a connu un avancement significatif depuis l’année dernière avec notamment la signature de convention de financement entre Gabon Power Company (GPC) et la société Meridiam. Selon les dernières nouvelles, les travaux devraient débuter en mars prochain.
 
Pour le président Ali Bongo Ondimba, ce méga projet matérialise l’ambition des autorités de doter le Gabon d'une énergie propre en abondante quantité. Avec un programme d’investissement évalué à plus de 100 milliards de FCFA, le projet très attendu de centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval a pour objectif de répondre à la demande croissante d’électricité en misant sur des sources d’énergie renouvelable, avec comme but principal de mettre en valeur les ressources naturelles et de disposer d’une énergie renouvelable à un prix accessible.
 
« Le projet de Kinguélé Aval nous approche de l’objectif qui vise à atteindre 80% des installations de nos capacités électriques », 
a déclaré le ministre de l’Energie et des ressources hydrauliques, Alain Claude Bilie By Nze. Pour ce dernier, le partenariat avec Meridiam comporte plusieurs enjeux. Le premier est la matérialisation d’un projet porté par le gouvernement dans le cadre du Plan d’accélération de la transformation. Lequel plan inscrit le secteur de l’énergie à un niveau transversal, correspondant à la mise à niveau des catalyseurs de développement et l’énergie électrique au cœur du développement économique et social. 
 
Le ministre de l’Energie a avancé en outre que l’étape réalisée est sans précédent, en ce qu’elle ouvre une nouvelle perspective dans la production de l’énergie hydroélectrique, et traduit une réussite exemplaire d’un partenariat public-privé innovant de financement. En plus de venir consolider les engagements du Gabon en matière de préservation de la nature et de lutte contre le réchauffement climatique.
 
Pour Mathieu Peller, représentant Coo Afrique Meridiam, le projet de Kinguélé Aval va permettre, dès sa réalisation, de produire 205 GWh d’énergie propre, améliorant ainsi le mix énergétique gabonais, et baissant les coûts avec des tarifs compétitifs. Coo Afrique Meridiam est une société française spécialisée dans le développement des infrastructures et qui connait bien le Gabon.
 
Pour l’administrateur directeur général du Fonds gabonais des investissements stratégiques (FGIS), Akim Daouda, le Gabon va rejoindre la grande cour des pays africains qui se tournent vers les mécanismes innovants pour répondre aux enjeux de développement. Pour la SEEG (Société d’énergie et d’eau du Gabon) le futur barrage est un investissement infrastructurel important lui permettant d’augmenter sensiblement sa capacité de production et optimiser la fourniture d’énergie dans le pays et plus particulièrement dans la région. Mais le projet doit aussi permettre aux entreprises locales de se relancer dans un contexte affecté par la crise sanitaire.
 

Les travaux démarreront au mois de mars

 
A noter que le projet en format PPP est porté par Asonha Energie SA, joint-venture contrôlée par le fonds d’investissement Meridiam mais aussi détenue à 40% par le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS). Le contrat d’ingénierie d’approvisionnement et de construction (EPC) concerne essentiellement la réalisation des travaux du barrage hydroélectrique. A savoir que la construction sera assurée par le chinois Sinohydro.

Kinguélé Aval ambitionne de contribuer activement à l’électrification des localités rurales, participant ainsi à l’inclusion sociale au Gabon. Pour le FGIS, le projet est crucial pour le volet territorial de la diversification économique du pays. Avec un investissement très important, Kinguélé Aval est un projet qui comprend la construction d’une centrale hydroélectrique d’une puissance installée, à terme, de 57.9 MW et une puissance productible de 400 GW/h. Elle sera alimentée par la rivière M’Bei (Kango) en aval des deux centrales hydroélectriques existantes de Tchimbélé et de Kinguélé, d’une capacité totale de 120 MW.

 



Et selon les dernières nouvelles, les lignes vont bouger rapidement dans le cadre de la réalisation de ce projet de barrage hydroélectrique en bordure du parc national des Monts de Cristal. D’après le ministère en charge de l’Énergie, les travaux de construction de ce barrage  vont démarrer de manière effective sur le site à la fin du mois de mars 2022 pour une durée de 42 mois.

Mais selon le Ministre d’Etat Alain-Claude Bilie-By-Nzé, la crise sanitaire a influé sur le calendrier. Et sa mise en service est désormais prévue pour la fin de 2024. 
« Construit par le chinois Sinohydro pour un coût estimé à 117,4 milliards de FCFA, le barrage Kinguélé-Aval, va permettre à terme à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) d’optimiser la production et la fourniture d’énergie dans le pays dans un contexte où la demande en énergie est de plus en plus croissante »
, a rapporté dernièrement un média économique gabonais.

Toujours selon les autorités gabonaises, cette infrastructure permettra d’alimenter le réseau national à hauteur de 205 GWH par an et fournira environ 13% des besoins en électricité de Libreville. Il participera également à l’électrification des zones rurales comme Andock Foula.

Un projet générateur d’emplois


Selon Meridiam, la centrale fournira environ 13% des besoins en électricité de Libreville, la capitale du Gabon. Elle contribuera à remplacer les capacités thermiques et permettra d’économiser plus de 150 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. Le projet est très proche de la ligne de transmission reliant les deux centrales hydroélectriques existantes en amont de Libreville, et ne nécessite donc pas de ligne supplémentaire.

Une convention de concession de 33 ans (comprenant 3 ans de construction) a été signée avec le ministère de l’Économie, le ministère du Budget et le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Ce projet contribue, selon toujours Meridiam, au plan d’émergence du Gabon, pour lequel le gouvernement gabonais s’est engagé à fournir à sa population une électricité abordable et propre, en portant le mix énergétique renouvelable du pays à 80 % d’ici 2025 grâce à l’utilisation de l’hydroélectricité.





Le projet va aussi permettre de recruter 720 gabonais, apprend-on d’un communiqué du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS). Un accord de partenariat a été signé en octobre dernier entre l’Office National de l’Emploi (ONE) et Sinohydro, l’entreprise publique d’ingénierie et de construction hydroélectrique chinoise mandatée par Asonha Énergie dans le cadre du développement de ce projet.

Selon le communiqué, ce partenariat vise à optimiser et à structurer la mise en place d’un plan de recrutement, dans le but de favoriser l’emploi gabonais et d’encourager la création de valeur partagée. On sait en outre qu’en termes de ressources humaines, 930 emplois seront créés dont 720 gabonais et 210 étrangers. « La priorité sera donnée à la main-d'œuvre locale afin de promouvoir l’impact du projet sur le développement socio-économique de la région de Kinguélé et du département du Komo-Kango », a-t-on indiqué.

Le recrutement sur le marché local du travail porte sur 38 métiers différents, ouverts aux personnes diplômées et non-diplômées. Les spécialités sont nombreuses : ingénierie, comptabilité, gestion, conduite des équipements, métiers du bâtiment, administration, environnement .... 
« Encourager l’emploi gabonais dans le cadre de projets de grande envergure tels que celui de Kinguélé Aval permet de promouvoir un transfert de compétences entre les experts internationaux et nationaux et les travailleurs locaux. C’est une étape considérable à la fois pour la consolidation d’une main d'œuvre qualifiée et l’émergence de secteurs d’excellence au Gabon », 
a déclaré Hans Landry Ivala, directeur général de de l’ONE.