La peinture à fresque est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation s'opère généralement, avant qu'il ne soit sec, sur un enduit. Cette discipline fait partie des services artistiques ne pouvant s’exécuter sans une phase de préparation artistique aboutie. Une réalité que Charles Eneme, l’un des artistes qui ont choisi cet art pour s’exprimer, comprend parfaitement. Pour lui, «tout part donc d'un projet qu'il faut adapter à l'environnement et à la commande du client». 

Peu avant la période des fêtes, un média marocain a suivi l’artiste dans un établissement qui donne sur une piscine à l'extérieur où le jeune homme imaginait un fond de mer avec ses richesses pour convoquer la conscience collective sur l'urgence de préserver ce qui peut l'être d'une biodiversité menacée à travers son pays. 

Le fond de mer regorge de plusieurs espèces dont certaines sont en voie de disparition. Il s'agit par exemple des dauphins, les tortues et de certaines fleurs aquatiques que l’artiste a tenu à faire ressortir. Ceci pour dire que même dans l'eau, la vie est un combat. « Vous allez voir que certaines espèces sont en chasse et poursuivent les plus petites d'entre elles pour les manger», a fait remarquer Charles Eneme.

Ce dernier qui aime à se définir  comme un artiste humaniste qui invite le visiteur sur son site de travail à une belle rencontre entre l'art et l'environnement. «Cette représentation du milieu aquatique qui exalte la beauté du milieu doit inciter aussi l'homme à le sauvegarder. Car toutes ces espèces sont utiles à l'environnement», affirme-t-il. 

Et le média de conclure que si sous d'autres cieux, les chiffres du marché de l’art contemporain donnent le tournis, avec des sommes atteignant des niveaux stratosphériques, seuls les artistes considérés comme les vedettes ou ceux qui bénéficient d'une grande médiatisation en profitent. Au Gabon, le contexte est beaucoup plus compliqué, surtout pour ceux qui pratiquent la peinture à fresque. « Il faut avoir la vocation bien chevillée au corps pour en faire son métier, et donc son gagne-pain », selon Charles Eneme qui n'a jamais fait de l'argent son graal.