Le ministre en charge des Forêts au Gabon, Lee White, a donné à plusieurs reprises des éclairages sur la manière dont le Gabon va investir davantage au profit de la préservation de ses forêts et aussi et surtout, comment il pense monétiser à 5 milliards de dollars (près de 3 000 milliards FCFA) sa séquestration de carbone.

Pour les autorités gabonaises, investir durablement dans les forêts, l’une de ses principales richesses, s’inscrit dans l’objectif du pays d’asseoir un développement permettant à la population de disposer de moyens pérennes de subsistance. « S’offrir la possibilité d’utiliser cette absorption nette comme une matrice très simple dans la lutte contre le changement climatique constitue un moyen pour ancrer le développement inclusif et assurer la durabilité de nos forêts », a soutenu le membre du gouvernement.

Et Lee White  de souligner que les Gabonaises et les Gabonais peuvent continuer à faire de la foresterie, à créer des emplois et à maintenir ce stock de carbone aussi élevé qu’il est. Mais cela a un coût important. Raison pour laquelle le carbone doit compléter « ce que nous faisons déjà, et cela pourrait potentiellement faire une grande différence ».

Selon les explications fournies par les spécialistes, un crédit carbone équivaut à l’émission d’une tonne de dioxyde de carbone. Il donne la possibilité à son détenteur d’émettre davantage de gaz à effet de serre par rapport au taux en vigueur fixé par le protocole de Kyoto. Ces crédits carbones sont attribués aux Etats ou aux entreprises qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

Ainsi, chaque pays ou organisation obtient un quota d’émissions de gaz à effet de serre. Si l’entité émet moins de CO2, elle peut revendre ses quotas non utilisés à une autre plus polluante, ou les garder pour l’année suivante. Pour le Gabon, qui séquestre annuellement l’équivalent de 140 000 tonnes de dioxyde de carbone, mais qui n’en émet que 35 000, il existe une différence de plus de 100 000 tonnes de carbone chaque année. C’est ce gap qui permet de générer un gain financier conséquent.

Ainsi, le Gabon va vendre son crédit carbone à un organisme plus pollueur. A noter que pays a déjà vu ses initiatives rémunérées l’année dernière par la Norvège. Ce dernier a octroyé un financement de 17 millions de dollars (environ 9,6 milliards FCFA) suite à l’engagement du Gabon  en faveur de la protection de ses forêts. Plus clairement, cette enveloppe est la contrepartie du carbone supplémentaire séquestré entre 2016 et 2017, grâce aux mesures mises en œuvre au Gabon dans le but de lutter contre la déforestation.