Comme les autres firmes opérant dans le secteur extractif de la zone Cemac, les entreprises minières du Gabon doivent aussi se préparer à se conformer, après trois ans de moratoires et de tractations houleuses, à la nouvelle règlementation des changes. Normalement les changements seront effectifs à partir de l’année prochaine.

A compter du 1er janvier 2022, sauf changement de dernière minute, les sociétés pétrolières et minières actives au Gabon auront à se soumettre aux exigences de la règlementation des changes de la Cemac. Cette nouvelle a été confirmée par la réunion entre le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), Abbas Mahamat Tolli, et les entreprises du secteur extractif, organisée le 17 novembre 2021 au Cameroun.

A noter que cette décision n’est pas du goût de nombreuses entreprises de la filière dont certaines sont liées avec l’Etat à travers une convention qui leur permettent notamment de ne pas rapatrier les devises générées par leurs activités. Ce qui a d’ailleurs conduit la banque centrale des pays de la Cemac à accorder à des entreprises deux moratoires et d’importantes concessions au final.

« La banque centrale a étudié un ensemble de mesures compatibles avec leurs modèles économiques et permettant d’assurer une application effective de la règlementation des changes, sans perturber l’activité dans cette industrie », a fait savoir dernièrement la Beac qui, pour rappel, a déjà sanctionné certaines banques pour non-rapatriement des devises.

Selon un spécialiste du secteur, les sociétés pétrolières et minières opérant au Gabon ne sont pas satisfaites de cette réglementation mais peuvent cependant espérer l’arrivée des mesures d’assouplissement à travers des « dispositions spécifiques ». On parle également d’un éventuel règlement portant insaisissabilité des comptes des entreprises.