Au Gabon, l’industrie aéronautique est constituée de plusieurs institutions et entreprises qui interviennent dans la gestion et l’exploitation de l’aviation civile. On peut ainsi citer les exploitants d’aéronefs (compagnies aériennes et propriétaires privés d’aéronefs), les fournisseurs de services de navigation aérienne, les exploitants d’aérodromes, les organismes nationaux de maintenance agréés, les organismes de formation agréés et les prestataires de services assurant l’assistance au sol.

La fourniture des services de navigation aérienne a été confiée à l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) dans le cadre d’une convention qui regroupe près de dix-huit Etats. La gestion de ces services est directement assurée par la représentation de l’ASECNA au Gabon. Le pays compte trois aéroports à vocation internationale, à savoir l’aéroport de Libreville, l'aéroport de Port-Gentil et l'aéroport de Franceville, et vingt-quatre autres aérodromes et pistes privées avec vocation commerciale sur toute l’étendue du territoire, ce qui permet au pays de réduire l’isolement économique et social de certaines villes ne disposant pas de voie d’accès routière ou toute autre.

La gestion de l’aéroport international Léon Mba de Libreville a été confiée à la société GSEZ Airport. La gestion des aéroports de Port-Gentil, de Franceville et de huit autres aéroports secondaires a été confiée à l’ASECNA dans le cadre d’un contrat particulier, conformément un article de la Convention de Dakar. L’exploitation du trafic aérien est assurée par des compagnies nationales et étrangères qui disposent des autorisations nécessaires ou qui exercent leurs activités dans le cadre d’un accord bilatéral de transport aérien.





A ce jour, près d’une dizaine de compagnies de tailles variables se partagent le trafic commercial. On peut citer à titre d’exemples Afirjet, Air France, Ethiopian Airlines ou encore Asky. Le dynamisme du trafic international y est propulsé par moins de cinq d’entre-elles. Les prestataires de services tels que le Pool pétrolier, Servair et Handling Partner Gabon (HPG) fournissent aux compagnies aériennes une gamme plus ou moins complète de services aéroportuaires incluant l’avitaillement, le nettoyage des aéronefs, le commissariat, le traitement des passagers, les opérations de trafic et de piste et la maintenance de matériel.

Un secteur durement frappé par le Covid-19


Durant les neuf premiers mois de l’année 2029, le Gabon a accueilli 5112 mouvements d’avions commerciaux contre 11 541 en glissement annuel. Les réseaux domestiques ont enregistré une baisse vertigineuse de 54,8% tandis que les réseaux internationaux ont chuté de 56,29%. Le nombre de passagers est également en baisse drastique de 65,4% au cours de cette période avec notamment 40 802 passagers enregistrés dans les vols domestiques, 140 800 dans les vols internationaux et 22 258 passagers en transit.

Après une année 2020 à oublier au plus vite, du fait naturellement des impacts dévastateurs de la pandémie de Covid-19, le secteur aérien entame très progressivement sa reprise au Gabon. D’après les données du ministère de l’Economie, au terme du premier semestre 2021, les principales variables de suivi de l’activité du transport aérien ont connu une hausse.




Les mouvements commerciaux des avions se sont légèrement relevés de 2,3% à 4002 rotations sur la période d’analyse grâce au réseau domestique. Parallèlement, le nombre de passagers s’est repris de 2,6% à 166 446 personnes, porté à la fois par le réseau domestique et l’international. Le fret a également renoué avec une tendance haussière avec un rebond 2,2% à 6 206 tonnes.
 
De son côté, l'aéroport international Léon Mba de Libreville, le plus grand du Gabon, qui dispose d’une capacité annuelle de 1,2 million de passagers et 40 000 tonnes de fret, a pu mener son processus de recertification. Un investissement d’environ 200 millions FCFA a été consenti pour les différentes études et conceptions, la mise aux normes des installations et infrastructures, les diverses formations du personnel et le paiement de la redevance relative au certificat OACI qui a été remis officiellement au mois de mai dernier.

 « La délivrance d’une certification à un aérodrome signifie, pour les exploitants d’aéronefs et les autres organisations qui l’utilisent, qu’il répond aux spécifications concernant les installations, l’exploitation technique, les procédures d’exploitations et qu’il est capable de continuer à y répondre pendant toute la durée du certificat. Ce certificat est un gage de sécurité pour les compagnies aériennes, les passagers et partenaires, et renforce la valeur commerciale de l’aéroport de Libreville auprès de tous les usagers »,
 a souligné le gestionnaire aéroportuaire.

D’une validité de 3 ans (du 9 avril 2021 au 8 avril 2024). Le précieux sésame, va permettre au Gabon de se concentrer sur ses objectifs en matière de développement de son industrie aéronautique. Zo'o Minto'o le directeur de l’OACI pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a reconnu les efforts déployés par le pays : 
« l’aviation est tellement interconnectée que tout le monde a intérêt à adhérer aux exigences convenues et à les mettre en œuvre de manière effective, à l’exemple du Gabon »
, a-t-il lancé. Le pays envisage maintenant de certifier ses deux autres aéroports internationaux (Franceville et Port-Gentil).

De quoi demain sera fait ?


Selon les analystes de l’Anac (Aviation civile du Gabon), les perspectives de développement futur de l’industrie aéronautique au Gabon reposent essentiellement sur les actions positives qui seront issues des investissements visant la modernisation des aéroports, le maintien d’un haut niveau de sécurité des compagnies nationales, des vols et des aérodromes en conformité avec les normes internationales. Sans oublier l’augmentation du nombre des compagnies et la diversification des services.





Depuis près de 10 ans, le gouvernement gabonais poursuit la modernisation de ses principales infrastructures dédiées au secteur de l’aérien. Ainsi, après le renforcement de la piste de l’aéroport de Libreville, l’autre étape a été la rénovation de son aérogare afin d’améliorer l’accueil des passagers. De grands travaux de réhabilitation et d’agrandissement ont aussi été menés sur l’aéroport international de Port-Gentil afin d’y permettre l’atterrissage de gros porteurs. Ce dernier est appelé à permettre l’établissement de liaisons directes entre la ville de Port Gentil et certaines villes d’Europe et d’Afrique. Des études ont également été initiées pour la construction d’un nouvel aéroport international proche de Libreville à moyen terme.

Par ailleurs, l’Anac a opéré un chantier significatif de modernisation de la réglementation nationale en vue de la rendre conforme aux normes internationales et à cet effet, a accueilli un audit de l’OACI en 2016. Les résultats de cet audit visaient avant tout la levée de l’interdiction de vol des compagnies gabonaises dans l’espace européen, et par conséquent, l’essor des compagnies aériennes gabonaises.

Malgré les difficultés du secteur gabonais de l’aviation commerciale, la croissance du nombre de passagers a été maintenue au cours des cinq années qui ont précédé l’arrivée du Covid-19. Ainsi, l’aéroport international Léon Mba de Libreville, a enregistré un Taux de Croissance Annuel Moyen (TCAM) de passagers de 3,17% depuis 2009. Le nombre d’arrivées et de départs a continué de croître en passant d’environ 700 000 à 873 836 passagers, rien qu’entre 2010 et 1014.

En somme, avec le développement des infrastructures aéroportuaires qui devient une réalité, la possibilité d’optimiser les niveaux de sécurité essentiels permettant ainsi aux compagnies gabonaises de reprendre l’exploitation dans l’espace aérien européen, de nouvelles explorations pétrolières off-shore et la création de onze parcs nationaux pour booster le tourisme, 
« l’aviation civile au Gabon présage un avenir radieux »
, selon l’Anac qui prévoit un retour à la normale (référence à 2019) au plus tard en 2023.