Le Gabon envisage de recapitaliser la Société gabonaise de raffinage (Sogara), l'unique raffinerie du pays. Ce projet prévoit l’implication des investisseurs privés.

Si l’on se réfère au rapport du Fonds Monétaire International (FMI), les autorités gabonaises se sont engagées à réaliser un audit des comptes financiers 2020 de la raffinerie Sogara. Et sur la base de cette initiative, un plan d'investissement est à appliquer pour renforcer l'autonomie financière de la raffinerie.

Un appel à manifestation d'intérêt sera lancé pour attirer des investisseurs privés visant à muscler le capital la Sogara, réduire la participation de l'État dans l'entreprise et supprimer toute forme de subvention publique pour son fonctionnement.

Il n’est toutefois pas indiqué le volume des parts que l’Etat, actionnaire majoritaire de l’entreprise (68,84% contre 31,16% pour des actionnaires privés) va céder aux nouveaux investisseurs privés. Aucun calendrier n’a pas non plus été dévoilé.

Rapportant les données officielles, le site Le Nouveau Gabon note que la raffinerie nationale, créée en 1964, perd de l’argent. La Sogara a enregistré en 2019, 20 milliards de FCFA de pertes nettes ainsi qu’une baisse de son chiffre d’affaires, et une baisse continue des volumes de pétrole traité. Cette situation déjà difficile a été accentuée par la crise sanitaire actuelle. 

D’après les données de la direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), le chiffre d’affaires de la Sogara s’est effondré de 19,3% à 117, 9 milliards de FCFA à fin septembre 2020, à cause de la Covid-19 notamment. Entre 2018 et 2019, les volumes traités par cette société ont baissé de 13,4%, passant de 779 951 tonnes métriques en 2018 à 675 471 tonnes métrique en 2019. Aussi, les ventes de tous les produits pétroliers raffinés sur les marchés domestiques et extérieurs, ont fortement régressé. 

D’une capacité initiale de 60 000 tonnes/an et d’un potentiel porté à 1,2 million de tonnes/an, pour la partie distillation atmosphérique, la Sogara traite en moyenne 1 million t/an de brut. Elle produit essentiellement du butane, de l’essence sans plomb, du jet A1 (carburant pour les aéronefs), du gasoil et du résidu atmosphérique (RAT).