Au mois de septembre dernier, les casques bleus gabonais opérant en République Centrafricaine (RCA) ont été rapatriés suite à des accusations d’abus sexuels. Après avoir pris acte de cette décision, le Gabon a envoyé sur place une équipe d’enquêteurs, encadrée par l’ONU et les autorités centrafricaines. Et les premiers résultats de l’enquête, contenus dans un rapport préliminaire, tendent à dédouaner le contingent gabonais.

Le rapport préliminaire des enquêtes menées en République centrafricaine suite au retrait du contingent gabonais de la Minusca pour « abus sexuels », va vers la disculpation de l’armée gabonaise. Cependant, selon Jessye Ella Ekogha, le porte-parole de la présidence, au cas où l’enquête finale démontrerait que les faits reprochés aux soldats gabonais sont avérés, alors, « il y aurait bien évidemment une saisine de la justice et les coupables seraient sanctionnés conformément à la loi ».

Lors d’une conférence de presse organisée 7 octobre 2021, Jessye Ella Ekogha a rapporté en effet que les enquêtes menées en RCA en collaboration avec  les Nations unies et les responsables centrafricains ne permettent pas de confirmer  les accusations d’agressions sexuelles.

« Sur les cinq accusations d’agressions sexuelles qui ont été formellement faites, à ce jour aucun témoin ne s’est présenté auprès de la commission d’enquête mise en place par le Gabon, qui est composée d’officiers qui travaillent en relation très étroite avec l’ONU et les autorités centrafricaines, en lien avec les ONG sur place. On est donc loin, très loin des accusations sexuelles généralisées, comme certains l’ont laissé penser », a indiqué le porte-parole de la présidence du Gabon.

Se basant toujours sur le rapport préliminaire, les autorités gabonaises ont tenu à préciser que jusqu’ici, l’ONU et les équipes sur place n’ont été en mesure de ne présenter qu’une seule personne. Cette personne est une jeune dame de 20 ans qui aurait une relation consentie avec un membre du contingent gabonais. De cette relation consentie est né un enfant. Aujourd’hui, cette jeune dame demande une aide, une sorte de pension alimentaire, pour qu’elle puisse élever cet enfant. 

L’enquête pilotée par le Gabon est menée conjointement avec le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations Unies, et les autorités centrafricaines. Des éléments de l’armée gabonaise sont présents en en Centrafrique depuis 25 ans.Pour Jessye Ella Ekogha, cet engagement du Gabon, pendant toutes ces années aux cotés de la RCA, « ne saurait en aucun cas être réduit à ces accusations qui restent jusqu’ici à confirmer ».