Selon les estimations, le Gabon dispose de 28,3 milliards de mètres cubes de réserves prouvées de gaz naturel, essentiellement sous forme de gaz associé. Mais cette ressource est encore très peu exploitée. On dit même que plus de 90% de sa production est réinjectée dans le sous-sol, ou brûlée, faute de dispositif industriel pour le commercialiser. Mais les lignes commencent à bouger.

Le gouvernement a déjà fait savoir son intention de miser désormais sur les ressources gazières nationales dans le but d’engendrer de nouvelles sources de revenus dans un contexte de déclin de la production pétrolière. Différents projets sont en cours, visant notamment à valoriser cette ressource. La plus emblématique de ces projets est l’usine d’engrais de l’ile de Mandji. 

Les ressources en gaz sont actuellement exploitées par la compagnie Franco-Britannique Perenco à partir de deux gisements : Ganga et Ozangue. La société a produit 416 millions de m3 de gaz en 2019, lui offrant un positionnement stratégique au Gabon, puisqu’elle alimente les centrales thermiques de Port-Gentil et Libreville. 

Rappelons également que Perenco a signé l’année dernière avec le gouvernement un accord lui permettant de commercialiser sur le marché gabonais du gaz du pétrole liquéfié (GPL), un mélange d’hydrocarbures légers, stocké à l’état liquide et issu du raffinage du pétrole pour 40% et de traitement du gaz naturel pour 60%. Selon des précisions fournies par le gouvernement, l’accord permettra la construction des installations, à Batanga dans l’Ogooué-Maritime, pour la production de ce produit destiné aux ménages.

Selon un rapport du Trésor français, la plus forte concentration des ressources de gaz au Gabon se trouve dans la zone autour de Rabi-Kounga, d'Olouwi et Ozangue. Les récentes découvertes de gaz à condensats par Total, Shell et Eni dans trois blocs off-shore nécessitent des travaux d’appréciation et pourraient, si ces ressources s’avèrent importantes et économiques, propulser le Gabon sur la scène mondiale des producteurs de gaz.