« Commission de la Cemac / Table ronde des bailleurs des bailleurs de fonds : 3,8 milliards d’euros mobilisés. Une réussite au-delà de toute espérance », s’est enthousiasmé l’organisation sous-régionale à l’issue de la très médiatisée opération de mobilisation de ressources, organisée à Paris, pour financer les projets intégrateurs visant à relancer la croissance.

Une forte délégation de la Commission de la Cemac a pris activement part à la table ronde des donateurs du 16 au 17 novembre 2020 dans le cadre du financement des 11 projets intégrateurs prioritaires du Programme Economique Régional de la Cemac. Cette délégation conduite par le Gabonais Daniel Ona Ondo met ainsi en musique les instructions des chefs d’Etats de la Cemac prise en décembre 2019 à Yaoundé relative au financement du Programme Economique Régional.

« L’effondrement de l’économie mondiale engendrée par la covid 19 n’a pas épargné les Etats de la Cemac ; ce d’autant plus que la crise sanitaire s’est accompagnée d’une crise économique sévère… l’hécatombe sanitaire annoncée n’a pas eu lieu en Afrique Centrale grâce aux mesures courageuses prises au niveau national qu’au niveau communautaire. Mais cependant, les activités économiques ont été mises à rude épreuve. Les gains des efforts d’assainissement des finances publiques et des réformes ont été effacés. La situation sociale s’est tendue avec la perte de nombreux emplois,  En 2020, la Cemac enregistrerait une récession estimée à -3,1% contre une croissance initiale projetée avant la crise sanitaire estimé à 3,3% », a déclaré le président de la Commission de la Cemac.

La présentation de la situation socio-économique de la Cemac a débuté cette grand-messe qui s’était tenue en France et réunissant les bailleurs de fonds pour le financement des 11 projets intégrateurs prioritaires. Elle a visé notamment à rechercher auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux traditionnels et émergents, publics ou privés, des ressources financières pour couvrir le besoin de financement desdits projets.

Un programme en 4 axes


Le Professeur Daniel Ona Ondo, dans son rôle d’avocat de la Communauté, a développé devant les partenaires les tenants et aboutissants de ce vaste chantier en projet évalué à 3,4 milliards d’euros. Le programme s’articule autour de quatre axes :
 
Axe n°1 : Facilitation du transport et des échanges
Construction d’un pont sur le fleuve Ntem et facilitation du transport, et de la sécurité routière sur la route transnationale Kribi-Campo-Bata reliant le Cameroun et la Guinée Équatoriale.
Construction de la voie express Lolabé-Campo (40 km) entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale.
Construction des tronçons manquants (179 km) de la route Ndendé-Dolisie du corridor Libreville-Brazzaville.
Construction de la route Kogo-Akurenam (230 km) pour relier le Sud-Est de la Guinée Equatoriale au Gabon.
Corridor Brazzaville-Ouesso-Bangui-Ndjamena (Congo-Centrafrique-Tchad).

Axe n°2 : Production et interconnexion des réseaux 
Aménagement hydroélectrique de Chollet et des lignes électriques (Cameroun-Congo-Gabon-Centrafrique).
Interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad.
 Interconnexion du Cameroun avec les pays de la CEMAC par la fibre optique.

Axe n°3 : Marché commun et diversification économique
Construction du port sec de Beloko (Corridor Douala-Bangui).
Construction du port sec de Dolisie (Corridor Gabon-Congo).

Axe n°4 : Capital humain
Université inter-Etats Cameroun-Congo.

Ces projets, selon ses promoteurs, sont en synergie avec les plans de développement nationaux des pays de la CEMAC pour relever efficacement les principaux défis du développement durable. Leur réalisation devrait accélérer durablement l’intégration physique et commerciale de la sous-région.

Réunion en format hybride


​Rappelons que c’est le 16 novembre dernier que la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale a ouvert la table‑ronde destinée à mobiliser les ressources pour financer les projets intégrateurs d’infrastructures de transport et d’énergie dans ses six pays membres dont le Gabon. 

La table‑ronde, organisée en format hybride (présentiel et virtuel), a aussi permis de préciser que les projets devraient être réalisés entre 2021 et 2025 dans la sous-région et de rappeler que 596,74 millions d’euros (14,65%) sont déjà mobilisés. Le déficit de financement s'élèvait donc à 3,48 milliards d'euros (85,35%). 

Le schéma retenu consiste à mobiliser, auprès des bailleurs institutionnels, des prêts à taux concessionnels ou des mixages prêts et dons (« blended finance ») et le secteur privé pour la réalisation de projets en PPP (partenariat public-privé). Les organisateurs comptent aussi attirer la finance islamique, par le biais des SUKUK. 

Des projets en PPP


« Ces projets pour lesquels nous sollicitons des financements s’inscrivent dans le cadre du plan de relance communautaire et viennent à cet égard renforcer le Programme de réforme économique et financière de la Cemac », a souligné le président de la Commission de la Cemac. « A cet égard, la plupart des projets présentés à l’occasion de cette table‑ronde sont prédestinés au partenariat public-privé (PPP).

Le Premier ministre congolais, Clément Mouamba, représentant le président congolais Denis Sassou N’Guesso, président dédié du Programme de réformes économiques et financières de la Cemac (PREF-CEMAC) a souligné que « nous recherchons tout particulièrement des prêts à des conditions concessionnelles, ou des mixages prêts et dons et des financements privés pour la viabilisation de certains projets en mode partenariat public-privé. » 

En tant que chef de file des partenaires techniques et financiers pour le développement des infrastructures en Afrique centrale, la Banque africaine de développement a déjà fourni un appui pour la réalisation des études nécessaires à la maturation de nombreux projets inscrits dans le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC), qui fait l’objet de cette table‑ronde.