Après un ralentissement observé en 2025, l’économie gabonaise devrait renouer progressivement avec une croissance plus soutenue au cours des deux prochaines années. C’est ce qui ressort du dernier rapport sur les perspectives économiques publié par la Banque africaine de développement (BAD), qui prévoit une croissance de 3,0 % en 2026 et de 3,1 % en 2027.
Selon l’institution financière panafricaine, cette reprise s’inscrit dans un contexte de relance progressive de plusieurs secteurs productifs, malgré des défis structurels qui continuent de peser sur les performances économiques du pays. En 2025, la croissance du Gabon avait ralenti à 2,7 %, contre 3,4 % l’année précédente. Cette baisse s’explique principalement par les contre-performances enregistrées dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale. Le secteur pétrolier, pilier historique des recettes du pays, a notamment enregistré une contraction de 2,9 %. Les activités minières ont également reculé de 2,1 %, tandis que l’industrie du bois a subi une chute importante de 23,7 %. Le secteur des transports a lui aussi connu une baisse de 3,5 %, illustrant les difficultés rencontrées dans plusieurs branches clés de l’économie gabonaise.
Toutefois, ces résultats ont été en partie compensés par la forte dynamique observée dans d’autres secteurs. Les bâtiments et travaux publics (BTP) ont affiché une croissance remarquable de 25,4 %, portée par l’intensification des investissements publics. Les industries manufacturières ont progressé de 8,8 %, tandis que les services ont enregistré une hausse de 4,4 %. Ces performances ont bénéficié d’une augmentation des dépenses publiques et d’une consommation intérieure plus soutenue. Pour les années 2026 et 2027, la BAD estime que la croissance sera principalement alimentée par la consolidation du secteur de la construction, le développement de l’agriculture et de l’aviculture, ainsi que par l’expansion des industries agroalimentaires et manufacturières. Les services devraient également continuer à jouer un rôle moteur dans la création de richesse et d’emplois.
Du côté de la demande, les perspectives demeurent favorables. L’institution prévoit une hausse des investissements publics et privés, accompagnée d’une progression de la consommation des ménages. La mise en place d’une centrale d’achat pourrait par ailleurs contribuer à limiter les tensions inflationnistes en réduisant les phénomènes de spéculation sur les produits importés. L’inflation est ainsi attendue à 3,1 % en 2026 avant de reculer à 2,3 % en 2027. Malgré ces perspectives encourageantes, la Banque africaine de développement appelle à la prudence. Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser sous l’effet combiné des dépenses courantes et des investissements publics, même si les recettes non pétrolières sont appelées à augmenter.
Face à ces défis, la BAD recommande d’accélérer les réformes économiques et financières afin de renforcer la stabilité macroéconomique et d’améliorer l’attractivité du pays auprès des investisseurs. L’institution plaide également pour une diversification plus poussée de l’économie, une meilleure gouvernance publique et une mobilisation accrue des ressources internes grâce à la numérisation des services et à la lutte contre la fraude fiscale et les flux financiers illicites. Enfin, la Banque suggère l’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds afin de soutenir le financement du Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Elle encourage le recours à des mécanismes innovants tels que les partenariats public-privé, les obligations vertes et bleues ainsi que les crédits carbone, considérés comme des leviers essentiels pour accompagner la transformation économique durable du Gabon.
