Le ministère gabonais en charge de l’Économie bleue engage une étape structurante dans son processus de réorganisation. Sous l’impulsion du ministre Aimé Martial Massamba, plusieurs textes réglementaires ont été soumis à validation lors d’un atelier qui s’est poursuivi le vendredi 17 avril. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réforme administrative, en lien avec les priorités définies par les autorités.
Au cœur de cette démarche figure la volonté de moderniser en profondeur l’organisation du ministère. D’après le directeur général, Brice Didier Celce Koumba Mabert, ces travaux répondent aux objectifs fixés dans la feuille de route présidentielle des 100 jours. Celle-ci prévoit notamment l’élaboration et la révision de plusieurs cadres juridiques afin de renforcer l’efficacité institutionnelle et d’adapter le fonctionnement du département aux enjeux actuels de l’économie bleue. La réforme envisagée repose sur une restructuration des services techniques existants. Certains d’entre eux pourraient être transformés en entités autonomes, une orientation qui vise à améliorer la spécialisation et la performance opérationnelle. Parmi les structures concernées figure la direction en charge de la qualité et de la transformation des produits halieutiques.
Son évolution vers un statut autonome traduirait une volonté d’accorder une attention accrue à la valorisation des ressources issues de la pêche, secteur clé pour l’économie nationale. Parallèlement, le projet prévoit des mesures axées sur le développement des infrastructures. La réhabilitation des stations piscicoles et aquacoles constitue l’un des axes importants de cette réforme. Dans cette perspective, la création d’un office dédié à la gestion des centres de pêche est envisagée. Une telle structure pourrait permettre une meilleure coordination des activités, ainsi qu’un encadrement plus efficace des acteurs du secteur.
Sur le plan institutionnel, le processus de validation des textes suit un parcours bien défini. Une fois adoptés au niveau de l’atelier, ils seront transmis au gouvernement pour examen. Ils devront ensuite être soumis au Conseil d’État, avant d’être présentés au Conseil des ministres en vue de leur promulgation. Ce n’est qu’après leur publication au Journal officiel que les nouvelles dispositions entreront effectivement en vigueur, entraînant la mise en place progressive des directions générales et des services concernés. "Cette séquence réglementaire illustre le caractère méthodique de la réforme en cours. Elle met également en évidence la nécessité d’un encadrement juridique solide pour accompagner les transformations administratives. En procédant par étapes, les autorités cherchent à garantir la cohérence des changements et à assurer leur conformité avec les normes en vigueur" a-t-on aussi fait savoir.
Toutefois, comme toute réforme structurelle, cette initiative soulève des enjeux importants. La transformation de services en entités autonomes implique des ajustements en matière de gouvernance, de financement et de gestion des ressources humaines. De même, la création de nouvelles structures nécessitera des moyens adaptés pour atteindre les objectifs fixés. Dans une perspective plus large, cette réorganisation intervient dans un contexte où l’économie bleue occupe une place croissante dans les stratégies de développement. La gestion durable des ressources marines, la modernisation des filières de pêche et le renforcement des capacités institutionnelles figurent parmi les priorités affichées. Mais tout dépendra de la mise en œuvre concrète des mesures adoptées et de leur appropriation par les différents acteurs concernés.
