Au regard de son rapport publié le 27 août dernier, l’agence de notation américaine, qui a pignon sur rue dans son secteur, a revu à la hausse la note de défaut des émetteurs en devises étrangères (Issuer Default Rating – IDR) à long terme du Gabon.

Bien qu’elle confirme la note B-, fruit d’une augmentation intervenue l’année dernière, elle relève tout de même à la hausse les perspectives de l’économie gabonaise qui passent de « stables » à « positives ». Une très bonne nouvelle pour le Gabon qui pourra ainsi se financer sur le marché de la dette à de meilleures conditions. L’agence de notation explique sa décision premièrement par la progression des recettes pétrolières et la maîtrise continue des dépenses courantes. « Nous prévoyons que la hausse des prix du pétrole, le contrôle des dépenses et une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières amélioreront les paramètres budgétaires du Gabon ».

Avec la bonne tenue des cours du baril de brut, Fitch Ratings projette que le Gabon connaîtrait un excédent budgétaire en fin d’année. « Nous prévoyons des excédents budgétaires de 0,9 % et 1,8 % du PIB en 2022 et 2023 (contre un déficit de 1,6 % en 2021) ». Autre raison de cette révision à la hausse des perspectives du Gabon : la baisse considérable de sa dette publique. « Nous prévoyons que la dette/PIB restera sur une trajectoire descendante », précise l’agence de notation.

D’après Fitch Ratings, « la dette sur PIB devrait chuter à 53,6 % d’ici 2024 (en dessous de la prévision médiane « B » de 60,2 %), en raison des excédents budgétaires, des remboursements d’arriérés et de la croissance du PIB nominal. ». L’agence rajoute que « les autorités (gabonaises) prévoient d’utiliser 120 milliards de FCFA (0,9 % du PIB) des allocations de droits de tirage spéciaux pour accélérer le remboursement de la dette intérieure et améliorer le profil de la dette ».

Cependant, Fitch Ratings relève certains points de vigilance qui seraient en mesure de constituer des risques en cas de détérioration de l’environnement économique. C’est le cas des subventions alimentaires et énergétiques qui ont augmenté au premier semestre 2022 de 3 % contre 1,1 % en 2021 en raison de la hausse de l’inflation. L’agence pressent également un repli des recettes budgétaires à mesure que les cours du pétrole chuteront d’ici 2024.

Toutefois, grâce à l’amélioration de la structure budgétaire du pays, l’économie gabonaise, argue l’agence de notation, se montrera plus résiliente face aux chocs exogènes en raison de l’amélioration du tissu économique porté par un secteur non pétrolier plus dynamique qui contribuera à l’augmentation des recettes budgétaires. Une perspective soutenue par l’accélération de l’activité non pétrolière, les mesures administratives adoptées récemment et à la réduction progressive des exonérations fiscales comme convenu avec le FMI.

« Le rapport de Fitch Ratings représente une sacrée bonne nouvelle pour le Gabon. La notation financière est, pour les investisseurs internationaux, un critère clé dans l’estimation du risque. Ce qui signifie que le pays peut à nouveau se financer et se refinancer sur le marché international de la dette à de biens meilleures conditions », a commenté le ministère gabonais de l’Economie et de la relance.