« Le tourisme est une stratégie de conservation bénéfique pour les gorilles », estime Koro Vogt, manager du projet « Gorille Loango ». Quasiment disparu, le gorille des montagnes a profité, au Rwanda et en Ouganda, de la manne touristique pour doubler en nombre en trois décennies et atteindre une population d’environ 1.000 individus aujourd’hui.

Les gorilles de l’Ouest sont beaucoup plus nombreux. Leur population est estimée à 360.000 individus, dans six pays d’Afrique centrale. Environ un quart au Gabon, dont près de 1.500 dans le parc de Loango, à quelque 280 km au sud de la capitale Libreville.

Des études scientifiques de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste, spécialisé notamment dans les grands singes, estiment toutefois que le nombre de gorilles de l’Ouest baisse de 3% par an à cause de la destruction de leur habitat, du braconnage et des maladies. Ces menaces sont dues à un accès accru aux zones isolées occupées par les gorilles, le commerce de viande de brousse, la corruption et le manque d’application des lois.

Les zones protégées – donc théoriquement sécurisées pour les animaux – comme Loango ne contiennent qu’environ 20% de ces grands singes. « Pour préserver les gorilles, nos gardes patrouillent dans les parcs nationaux pour réduire les activités illégales et attraper les braconniers », explique Christian Tchemambela, secrétaire exécutif de l’ANPN. 

Cette espèce emblématique du Gabon est aussi un produit d’appel pour les visiteurs étrangers. Le développement de l’écotourisme est au cœur de la stratégie des promoteurs du programme. De juin 2016 jusqu’au début de l’année 2020, 845 touristes ont pu observer les gorilles sur le site.