Une délégation du groupe Olam Gabon conduite par son président-directeur général, Darshan Rayani, a été reçue ce jeudi par le Vice-président de la République gabonaise, Alexandre Barro Chambrier. Cette rencontre a permis aux responsables de l’entreprise de faire le point sur leurs activités au Gabon et d’exposer plusieurs difficultés affectant les plantations du groupe, selon des informations rapportées par une source officielle.
Au centre des échanges figurait notamment la question des intrusions répétées d’éléphants dans les plantations exploitées par l’entreprise. Selon les responsables d’Olam Gabon, ces incursions provoquent d’importants dégâts sur les cultures, entraînant des pertes estimées à près de 46 % des surfaces exploitées dans certaines zones. Cette problématique met en lumière les défis croissants liés à la coexistence entre les activités agricoles industrielles et la préservation de la biodiversité. Le Gabon abrite en effet l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt du continent africain, une espèce protégée dont la présence constitue à la fois un atout écologique majeur et une source de tensions pour les exploitations agricoles installées à proximité des zones forestières.
Face à cette situation, le groupe Olam affirme avoir engagé plusieurs mesures destinées à réduire les dégâts causés par la faune sauvage. Parmi les dispositifs évoqués figure l’installation de clôtures électriques autour de certaines plantations. Ce programme est mené dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), pour un montant évalué à 160 millions de francs CFA. Les discussions ont également porté sur les conséquences des changements climatiques sur les activités agricoles du groupe. Les responsables d’Olam ont notamment évoqué les effets du stress hydrique observé durant les périodes de saison sèche, un phénomène susceptible d’affecter les rendements agricoles et la productivité des plantations.
Selon les informations communiquées lors de l’audience, plusieurs solutions techniques seraient actuellement étudiées ou mises en œuvre afin de limiter l’impact de ces perturbations climatiques. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été donné sur la nature précise des mesures envisagées. À l’issue de la rencontre, le Vice-président de la République a assuré les représentants de l’entreprise de sa volonté de transmettre leurs préoccupations au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, également chef du Gouvernement. Acteur économique majeur au Gabon, Olam demeure aujourd’hui le principal employeur privé du pays. Le groupe dispose d’importantes plantations ainsi que d’unités industrielles implantées notamment à Kango et dans la province de Ngounié. Ses activités couvrent principalement les secteurs de l’agro-industrie et de la transformation.
Cette rencontre intervient dans un contexte où les autorités gabonaises cherchent à concilier développement économique, sécurité alimentaire et protection de l’environnement. Le pays, qui a fait de la conservation forestière un axe important de sa politique environnementale, doit également répondre aux enjeux liés à l’extension des activités agricoles et industrielles. "Les préoccupations soulevées par Olam illustrent les équilibres complexes auxquels sont confrontés les États forestiers d’Afrique centrale, entre impératifs de croissance économique, adaptation climatique et préservation des écosystèmes naturels", a commenté pour sa part Nicole Nguema, spécialiste en développement durable et fondatrice de la plateforme CAGD.
