L’Institut français du Gabon a organisé la projection d’un film-documentaire intitulé « Au cœur de la jungle », une œuvre écrite et réalisée par Hugo Hebbe et narrée par Laetitia Casta. Présentée en fin de journée devant un public varié, cette initiative s’inscrit dans un partenariat réunissant Agence française de développement et Fonds mondial pour la nature, avec pour objectif de sensibiliser à la préservation des écosystèmes forestiers du bassin du Congo.
D’une durée d’environ une heure et dix minutes, le documentaire plonge les spectateurs au cœur des forêts tropicales du Gabon et du Cameroun, deux pays qui abritent une part essentielle de la biodiversité africaine. À travers des images immersives et des témoignages, le film met en lumière la richesse et la fragilité de ces environnements. Il donne également la parole à différents acteurs engagés dans leur protection, notamment les communautés locales, mais aussi les espèces emblématiques comme les éléphants de forêt et les gorilles.
Le projet s’inscrit dans une coopération tripartite entre la France, le Cameroun et le Gabon. Selon les représentants de l’AFD et du WWF, cette collaboration vise à renforcer les actions de conservation et à encourager une meilleure compréhension des enjeux environnementaux. Le documentaire est d’ailleurs accessible gratuitement en ligne, notamment sur YouTube, afin de toucher un public plus large. Il est également destiné à être utilisé dans les établissements scolaires, comme outil pédagogique pour sensibiliser les jeunes générations aux questions écologiques.
Le film débute par une intervention de Stecy Brice Mouele Boucka, conservateur du Parc national de Loango. Situé à environ 300 kilomètres au sud de Libreville, ce parc est un exemple représentatif des défis auxquels sont confrontées les aires protégées. Le conservateur évoque notamment la difficulté de concilier la préservation de la biodiversité avec les activités économiques telles que l’exploitation pétrolière et forestière. Le documentaire emmène ensuite les spectateurs dans la région transfrontalière du Tridom, un espace partagé entre le Cameroun, le Congo et le Gabon. Dans cette zone, le WWF collabore avec l’Institut Max Planck pour mener des programmes d’habituation des gorilles, permettant d’étudier leur comportement tout en favorisant leur protection.
Le film met également en avant le rôle crucial des éléphants de forêt, souvent qualifiés de « jardiniers de la forêt » en raison de leur contribution à la régénération des écosystèmes. Par ailleurs, l’œuvre aborde les tensions croissantes entre les populations humaines et la faune sauvage, un phénomène accentué par l’expansion des activités agricoles et industrielles. Des solutions sont présentées pour atténuer ces conflits, notamment des initiatives locales visant à protéger à la fois les moyens de subsistance des habitants et les espèces menacées. Enfin, le documentaire rappelle l’urgence de la situation environnementale dans le bassin du Congo. En moins de quinze ans, une part importante des forêts a disparu au profit de cultures industrielles. Au Gabon, la population d’éléphants de forêt est estimée à environ 95 000 individus sur un territoire de 267 000 km², soulignant à la fois l’importance de cette espèce et la nécessité de renforcer les efforts de conservation.
