Le 3 mai 2026 à Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a exprimé le souhait de voir son pays accueillir des rendez-vous diplomatiques majeurs dont le sommet de l’Union africaine en 2027 et celui de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2030. Cette annonce a été faite lors de l’inauguration du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, infrastructure rénovée appelée à accueillir des événements internationaux d’envergure.
Selon les explications fournies, cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à repositionner le Gabon sur la scène diplomatique régionale et internationale. Le chef de l’État a ainsi formulé « le vœu ardent » d’organiser ces sommets dans ce nouveau complexe, conçu comme un symbole de modernité et d’ambition institutionnelle . L’inauguration elle-même a réuni plusieurs chefs d’État africains, illustrant une volonté de relance de la coopération régionale et de visibilité internationale. Historiquement, le Gabon a déjà joué un rôle d’hôte pour des rencontres continentales, notamment lors du sommet de l’Organisation de l’unité africaine en 1977, ancêtre de l’Union africaine. Le nouveau projet apparaît ainsi comme une continuité, cinquante ans plus tard, d’une ambition diplomatique ancienne. Le palais des congrès, d’une capacité importante et doté d’infrastructures modernes, a précisément été conçu pour accueillir ce type de rencontres internationales.
Sur le plan politique, cette annonce intervient dans un contexte particulier. Arrivé au pouvoir à la suite de la transition ouverte en 2023 et élu en 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à consolider la légitimité de ses institutions et à projeter une image de stabilité. La candidature à l’organisation de sommets internationaux peut être interprétée comme un levier diplomatique, mais aussi comme un signal adressé aux partenaires étrangers et aux organisations multilatérales. Cependant, la concrétisation de ces ambitions dépendra de plusieurs facteurs. D’une part, l’attribution des sommets de l’Union africaine et de la Francophonie repose sur des processus décisionnels impliquant l’ensemble des États membres. D’autre part, des critères logistiques, sécuritaires et politiques sont généralement pris en compte. La concurrence entre pays africains pour accueillir ce type d’événements reste également forte.
Mais nombre d'analystes estiment que les autorités gabonaises sont déterminés à aller de l'avant et réussir le grand pari lancé par le chef de l'Etat. "Libreville s’inscrit dans une dynamique forte de diplomatie d’influence, où les infrastructures et les grands événements servent à renforcer le rayonnement du pays. Sans oublier les retombées économiques potentielles, notamment en matière de tourisme d’affaires, d’investissements et de visibilité internationale", a commenté un diplomate européen présent lors de la cérémonie d'ouverture. Un membre du comité d'organisation du Forum International de Libreville a indiqué pour sa part que c'est la traduction d'une ambition affirmée de redevenir un acteur central en Afrique centrale et au sein notamment de l’espace francophone.
