À l’occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée le 21 mars sous le thème « Les forêts et les économies », le Fonds mondial pour la nature (WWF) a mis en lumière son engagement en faveur de la préservation des écosystèmes forestiers au Gabon. À travers la voix de sa coordonnatrice pays, Nathalie Nyare Essima, l’organisation a présenté des initiatives concrètes visant à concilier conservation environnementale et développement économique durable.
Parmi les innovations majeures figure Forest Foresight, une application technologique capable d’anticiper la déforestation jusqu’à six mois avant qu’elle ne se produise. Cet outil représente une avancée significative dans la lutte contre la dégradation des forêts, en permettant une intervention précoce et ciblée. Après une phase pilote réussie, cette technologie a été transférée à l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS), renforçant ainsi les capacités nationales en matière de surveillance environnementale. Le WWF est activement présent dans plusieurs localités du Gabon, notamment à Makokou, Moanda, Gamba, Mandji et Libreville. Dans ces régions, l’organisation met en œuvre des projets axés sur la préservation de la biodiversité, la gestion durable des ressources forestières et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.
On sait en outre qu'une attention particulière est accordée par WWF à la résolution des conflits entre les populations et la faune sauvage, un enjeu majeur dans les zones forestières. En Afrique centrale, les priorités stratégiques de cette organisation s’articulent autour de la conservation inclusive, de la restauration des habitats naturels, de la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages et de la prévention des zoonoses. Cette approche globale vise à protéger les écosystèmes tout en intégrant les besoins des populations locales, considérées comme des acteurs clés de la conservation. Cependant, le Gabon fait face à de nombreux défis environnementaux. L’essor des projets miniers et agro-industriels pose la question de la gestion durable des ressources naturelles. À cela s’ajoutent la nécessité de mieux gérer les aires protégées, la persistance du braconnage, les conflits homme-faune et les impacts du changement climatique, tels que la montée des eaux observée dans certaines régions du pays.
Dans ce contexte, le rôle des communautés locales apparaît essentiel. Le WWF encourage leur implication active dans la gestion des ressources naturelles et soutient le développement d’activités génératrices de revenus, comme l’agroforesterie et les coopératives agricoles. Cette approche favorise une économie de la conservation, où la protection de l’environnement devient une source de développement économique. La coopération avec les autorités gabonaises constitue également un pilier fondamental de l’action du WWF. L’organisation travaille en étroite collaboration avec plusieurs ministères et institutions nationales, notamment l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), l’AGEOS et le Conseil national Climat. Cette synergie permet de renforcer la gouvernance environnementale et d’assurer une meilleure coordination des actions.
Les perspectives pour les années à venir s’annoncent prometteuses. Le partenariat entre le WWF et le gouvernement gabonais devrait se renforcer, notamment à la suite de rencontres de haut niveau en mars 2026. La stratégie 2026-2030 du WWF Gabon ambitionne d’intégrer les priorités nationales en matière de conservation, de financements verts et de valorisation économique des forêts. Enfin, Nathalie Nyare Essima a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs – État, partenaires et citoyens – dans la protection de l’environnement. Elle a réaffirmé la volonté du WWF d’accompagner durablement les initiatives nationales, dans une dynamique où la préservation des forêts devient un levier essentiel de développement économique et social.
