Trente jeunes femmes venues de six pays du Bassin du Congo ont récemment bénéficié d’une formation intensive de cinq jours consacrée à l’entrepreneuriat agricole. Organisé sous le thème « Femmes et champs d’avenir dans le Bassin du Congo », cet atelier régional visait à renforcer l’autonomisation économique des jeunes femmes engagées dans les filières agricoles durables. L’initiative a été co-organisée par Organisation internationale de la Francophonie et la Fondation Ma Bannière, réunissant des participantes déterminées à faire évoluer leur place dans le secteur agricole.
Les participantes provenaient de six pays : le Cameroun, le Congo, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. Durant cinq jours, elles ont suivi des modules dédiés à la gestion d’entreprise agricole, à l’élaboration de business plans et à la structuration de projets. Au-delà des aspects techniques, la formation a aussi permis de renforcer les liens entre jeunes agripreneures de la région, posant les bases d’un réseau de collaboration et de solidarité. Les participantes ont unanimement salué l’initiative, qui leur a offert des outils concrets pour développer leurs activités. Elles ont également exprimé leur reconnaissance envers l’OIF ainsi qu’envers la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, pour leur soutien dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin dans l’agriculture.
Pour la représentante du Cameroun, Grâce Jessie Kanmegne, cette formation a permis de dissiper certaines appréhensions liées à la gestion d’un projet entrepreneurial. Elle confie être arrivée avec plusieurs idées reçues concernant la conception d’un business plan, qu’elle considérait comme un exercice particulièrement complexe. Grâce aux modules dispensés, elle affirme désormais mieux comprendre les différentes étapes de son élaboration et se sent prête à retravailler son plan d’affaires afin de renforcer la viabilité de son projet. Elle souligne également l’importance du soutien mutuel entre jeunes entrepreneures agricoles.
La Congolaise Christa Makaya insiste pour sa part sur l’utilité pratique des enseignements reçus. Selon elle, la formation lui a permis d’améliorer ses compétences en gestion financière. Elle explique avoir appris à effectuer des calculs plus précis pour piloter efficacement les finances de son entreprise. À son retour au pays, elle prévoit de partager ces connaissances avec les membres de son équipe afin d’harmoniser les pratiques et renforcer la gestion de leur activité. Du côté de la République centrafricaine, l’étudiante en agronomie Aminatou Djemila Laghoe estime que l’atelier a été un moment décisif pour clarifier ses ambitions professionnelles. Elle explique qu’avant cette formation, elle hésitait entre plusieurs idées de projets. Les échanges et les enseignements reçus lui ont permis de structurer une initiative concrète qu’elle envisage désormais de mettre en œuvre.
L’atelier a également transformé sa perception de l’agriculture. Longtemps considérée comme un domaine réservé aux hommes ou aux générations plus âgées, elle apparaît aujourd’hui, à ses yeux, comme un secteur d’avenir dans lequel les jeunes femmes ont toute leur place. La représentante de la République démocratique du Congo, Elie Mbeki, souligne pour sa part la richesse humaine de l’expérience. Selon elle, la rencontre entre participantes de différentes nationalités a permis de partager des réalités variées, d’échanger des idées et de se motiver mutuellement à poursuivre leurs projets.
Anastasia Amor Nengom, venue de Guinée équatoriale, indique avoir renforcé ses compétences en matière de planification stratégique, un acquis qu’elle entend désormais appliquer concrètement dans ses activités. Pour la Gabonaise Marie-Joëlle Avome, cette formation marque aussi une forme de reconversion professionnelle. Spécialisée en environnement et développement durable, elle considère désormais l’agriculture comme un secteur d’avenir, capable d’offrir de réelles opportunités économiques et sociales aux jeunes générations.
