Le président de la République gabonaise a affirmé, lors du Conseil des ministres du 26 février, que la conclusion d’un programme économique et financier avec le Fonds monétaire international (FMI), attendue d’ici mai 2026, constitue « une nécessité stratégique » pour le pays. Cette déclaration marque une étape importante dans l’orientation économique des autorités, qui entendent conjuguer réformes internes et appui des partenaires internationaux pour soutenir le programme national de transformation.
Au-delà de sa dimension technique, un accord avec l’institution de Bretton Woods est présenté par l’exécutif comme un signal fort adressé aux partenaires techniques et financiers. Il s’agit, selon les termes évoqués en Conseil, d’un gage de crédibilité destiné à restaurer et renforcer la confiance, tout en sécurisant les conditions d’accompagnement des réformes engagées. Dans un contexte international marqué par des tensions économiques et une volatilité accrue des marchés, la recherche de stabilité et de lisibilité apparaît comme un impératif. Le Chef de l’État a ainsi instruit le ministre en charge de l’Économie et des Finances d’accélérer les travaux préparatoires afin d’aboutir à la signature d’un programme d’ici au mois de mai prochain.
Selon une source auprès du ministère chargé de l'Economie, ce calendrier resserré traduit la volonté des autorités d’inscrire rapidement le pays dans un cadre macroéconomique formalisé, susceptible de soutenir les ambitions de transformation structurelle. Toutefois, le président a tenu à encadrer strictement les discussions à venir. Il a fixé un cadre de négociation « clair et intangible », articulé autour de plusieurs principes jugés non négociables. En premier lieu, la sanctuarisation des projets prioritaires validés par le suffrage populaire lors de la dernière élection présidentielle. Autrement dit, les engagements pris devant les électeurs doivent être préservés et poursuivis, même dans le cadre d’un programme appuyé par le FMI.
Deuxième pilier : la protection effective des ménages vulnérables. Dans un pays où les inégalités sociales demeurent un défi majeur, l’exécutif entend éviter que les ajustements budgétaires n’affectent les couches les plus fragiles de la population. Les autorités assurent ainsi vouloir concilier discipline financière et justice sociale, en veillant à maintenir les dispositifs de soutien essentiels. Le troisième axe concerne la rationalisation rigoureuse des dépenses publiques. L’objectif affiché est d’éliminer toute charge improductive et d’améliorer l’efficacité de l’action de l’État. Cette orientation suppose un effort accru de transparence, de contrôle et de priorisation des investissements, afin de maximiser l’impact des ressources mobilisées.
Enfin, la gestion de la dette publique figure au cœur des préoccupations. Le président a insisté sur la nécessité d’une approche proactive, soutenable et responsable. Il s’agit de contenir les risques d’endettement excessif tout en garantissant la capacité du pays à financer son développement. Pour les autorités, le recours au FMI ne doit pas être interprété comme un renoncement à la souveraineté, mais comme un instrument au service de celle-ci. "En s’inscrivant dans un cadre négocié, le Gabon ambitionne de consolider sa stabilité macroéconomique, d’attirer davantage d’investissements et de poser les bases d’un développement durable. Reste désormais à traduire ces principes en engagements concrets, dans le respect des lignes rouges fixées par l’exécutif", a-t-on aussi indiqué.
