La Gabonaise des Jeux (GDJ), à travers un communiqué officiel signé par son directeur général, Roméo Nguema Ondo, a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) destiné à sélectionner des opérateurs privés appelés à exercer sous un encadrement renforcé. Cette initiative, a-t-on indiqué, s’inscrit dans la dynamique de réforme engagée par les autorités et marque un tournant dans l’organisation d’un marché longtemps dominé par l’informel.
Concessionnaire du monopole public en matière de jeux de divertissement, d’argent et de hasard, la GDJ entend désormais encadrer plus strictement l’activité des acteurs du secteur à travers un système de licences délivrées à des opérateurs tiers. Ceux-ci pourront exploiter les activités concernées, mais uniquement sous la supervision et le contrôle de la société publique. L’objectif affiché est double : moderniser le secteur et garantir une meilleure protection des intérêts de l’État comme des usagers. Cette démarche fait suite aux nouvelles dispositions adoptées par les pouvoirs publics, notamment les ordonnances du 30 décembre 2025, qui ont profondément remanié le cadre juridique applicable aux jeux de hasard au Gabon.
Selon toujours les explications fournies, ces textes traduisent la volonté des autorités de remettre à plat l’ensemble du dispositif légal afin de l’adapter aux réalités économiques actuelles et aux standards internationaux en matière de régulation. La réforme aura des conséquences immédiates pour les opérateurs déjà présents sur le marché. En effet, la GDJ précise que toutes les autorisations, licences et déclarations antérieures deviendront caduques passé un délai de trois mois, soit à compter du 7 avril 2026. Les acteurs actuellement installés devront donc se conformer au nouveau cadre réglementaire sous peine de voir leurs activités suspendues. Cette mesure vise à instaurer un environnement plus structuré et à éliminer les pratiques irrégulières qui ont longtemps fragilisé le secteur.
Anita Moussavou, cadre auprès de l'une des entreprises du secteur, estime que la direction générale de la GDJ joue pleinement son rôle en mettant l’accent sur la mise en place d’une procédure de sélection « transparente, équitable et rigoureuse ». Les futurs opérateurs qui devront démontrer leur respect strict de la réglementation nationale, notamment en matière de prévention du jeu excessif, de protection des mineurs, de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que de sécurisation des opérations. La dimension éthique et sécuritaire occupe ainsi une place centrale dans la nouvelle architecture réglementaire.
Au-delà des exigences juridiques, la GDJ affirme que l'objectif est de pouvoir s'adosser à des partenaires solides sur le plan technique, financier et organisationnel. L’appel à manifestation d’intérêt s’adresse à des entreprises capables de porter des projets conformes aux orientations stratégiques de l’État en matière de développement économique, de responsabilité sociale et de souveraineté. Les candidats peuvent d’ores et déjà solliciter des informations complémentaires et obtenir un rendez-vous d’information auprès de la société publique, tandis que les dossiers devront être déposés au plus tard le 2 mars 2026.
