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GABON - PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX | Libreville dévoile sa feuille de route

En marge de la conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, le ministère des Eaux et Forêts a présenté, mardi, la feuille de route nationale relative à la gestion et à la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL).


En marge de la conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, le ministère des Eaux et Forêts a présenté, mardi, la feuille de route nationale relative à la gestion et à la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL). 


Cette présentation a été faite par la directrice générale adjointe des Industries, du Commerce du bois et de la Valorisation des produits forestiers, le colonel Natacha Nssi Bengone épouse Ona Abiaga, devant un parterre d’experts, de chercheurs et d’acteurs institutionnels. L’initiative s’inscrit dans la volonté des autorités gabonaises de diversifier l’économie forestière du pays, historiquement centrée sur l’exploitation du bois. Les PFNL, qui regroupent notamment les plantes médicinales, les fruits, les graines, les résines et certaines écorces, constituent une ressource essentielle pour les communautés locales. « Ils sont utiles à la médecine traditionnelle, contribuent à la sécurité alimentaire et génèrent des revenus pour les populations rurales », a rappelé le colonel Nssi Bengone.


Malgré ce potentiel, ces produits demeurent largement sous-exploités et relégués au second plan dans les politiques publiques, au profit du secteur du bois, pilier traditionnel de l’économie forestière gabonaise. L’un des principaux obstacles à la valorisation des PFNL réside, selon la responsable, dans l’absence de labels, de normes et de certifications. Cette carence limite fortement la création de valeur ajoutée, tout en compliquant la traçabilité des produits depuis leur exploitation jusqu’à leur commercialisation. Sans cadre normatif clair, les PFNL peinent à accéder aux marchés nationaux et internationaux, et restent confinés à des circuits informels.


Pour illustrer le potentiel inexploité de ces ressources, le colonel Nssi Bengone a cité l’exemple du beurre de karité, aujourd’hui au cœur d’une industrie mondiale générant plusieurs milliards de dollars. Elle a estimé que le beurre de moabi, issu d’une essence emblématique des forêts gabonaises, pourrait connaître un succès comparable, voire supérieur en termes de qualité, si les conditions de structuration de la filière étaient réunies. Au-delà de l’enjeu économique, la valorisation des PFNL permettrait également de protéger les savoir-faire traditionnels et de renforcer la résilience des communautés locales.


Dans cette optique, le Gabon s’est doté en 2020 d’une stratégie nationale de gestion des PFNL à l’horizon de 25 ans. Structurée autour de sept axes, cette stratégie est accompagnée d’un plan d’action et d’indicateurs de résultats. Elle est actuellement en cours de révision afin de l’adapter aux nouveaux défis environnementaux, économiques et scientifiques. Parmi les projets prioritaires figurent la création d’une bibliothèque des savoirs floristiques et traditionnels, ainsi que l’inventaire des principes bioactifs des plantes, dans une démarche de préservation de la biodiversité et de valorisation scientifique. L’Iboga occupe une place centrale dans cette dynamique, en raison de son importance culturelle, thérapeutique et scientifique. Des recherches ont mis en évidence son potentiel dans le traitement de certaines maladies neurodégénératives.


« En 2020, l’État a reconnu l’Iboga non pas comme un simple patrimoine culturel national, mais comme un patrimoine stratégique », a souligné le colonel Nssi Bengone, précisant que cette reconnaissance a facilité la ratification du protocole de Nagoya, relatif à l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des avantages. Elle a toutefois rappelé que l’intégration complète de l’Iboga dans le dispositif juridique et réglementaire reste à parachever. En conclusion, la responsable a appelé l’ensemble des parties prenantes — administrations, chercheurs, communautés locales et opérateurs économiques — à s’impliquer activement dans la révision de la stratégie nationale, afin d’insuffler une nouvelle dynamique aux PFNL et d’assurer leur pleine valorisation au service du développement durable du Gabon.

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