Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé le 1er janvier 2026 à un remaniement gouvernemental marquant, au terme duquel Clotaire Kondja a été nommé ministre du Pétrole et du Gaz. Cette nomination intervient à un moment stratégique pour un secteur central de l’économie gabonaise, confronté à de multiples défis structurels.
Ancien directeur général adjoint de Vaalco Gabon, Clotaire Kondja est un cadre issu de l’industrie pétrolière. Il a notamment joué un rôle clé dans la transition entre l’ancienne direction expatriée de la compagnie et l’actuelle équipe gabonaise. Cette expérience lui a permis d’acquérir une connaissance approfondie des réalités techniques, contractuelles et économiques du secteur pétrolier national, un atout majeur à l’heure où le pays cherche à relancer sa production et à optimiser la gestion de ses ressources. Le secteur pétrolier gabonais traverse en effet une phase de transition délicate. Bien que le pays dispose d’environ 2 milliards de barils de réserves prouvées, selon le BP Statistical Review of World Energy 2025, la production reste affectée par le vieillissement des champs matures et par un déficit d’investissements. En 2025, la production de brut s’est établie à environ 215 000 barils par jour en moyenne, d’après les données d’Energy Intelligence, un niveau inférieur aux capacités potentielles du pays.
Le précédent ministre avait été confronté aux limites du cadre fiscal et contractuel en vigueur, jugé peu attractif par certains investisseurs, dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel. Attirer de nouveaux opérateurs, stimuler l’exploration et prolonger la durée de vie des champs existants figurent ainsi parmi les priorités du nouveau titulaire du portefeuille. Un autre chantier majeur concerne la valorisation du gaz associé, encore largement sous-exploité au Gabon. Malgré les ambitions affichées en matière de diversification énergétique et industrielle, les projets gaziers peinent à se concrétiser, en raison notamment du manque d’infrastructures, de l’absence de débouchés structurés et des incertitudes sur la rentabilité économique.
À ces enjeux techniques s’ajoutent des questions de gouvernance et de gestion des recettes publiques. Selon le Gabon Economic Update 2025 de la Banque mondiale, le pétrole, le manganèse et le bois représentent 97 % des exportations de biens du pays, le pétrole constituant la principale source de revenus extérieurs. Renforcer l’impact du secteur extractif sur le développement économique reste donc un impératif. En confiant le ministère du Pétrole et du Gaz à un professionnel issu de l’industrie, les autorités gabonaises semblent privilégier une approche fondée sur l’expertise technique. Clotaire Kondja est désormais attendu sur sa capacité à traduire cette expertise en réformes concrètes, afin de redynamiser un secteur clé pour les équilibres budgétaires et l’avenir économique du Gabon.
